[ Je suis Juif parce que la parole d’Israël est la plus ancienne et la plus nouvelle] Edmond FLEG

Souvenirs d'un début
Ayant pris quelque distance avec la communauté juive niçoise mais
restant néanmoins à l'affût de ce qui s'y passait, j'ai eu la
chance, grâce à de très proches amis, de rencontrer Léo Abrami,
rabbin conservative venu des USA prendre sa retraite dans la bonne
ville de Nice où il avait séjourné plus jeune.
Intéressée par son appartenance, je lui ai demandé ce qu'avait de
spécifique ce Mouvement -dénommé également Massorti- comparé aux
autres courants plus connus.
Il avait l'art de parler, d'expliquer. Il était convaincant. Au
bout de quelques phrases seulement, je savais que je tenais là la
voie sur laquelle je pouvais enfin cheminer.
J'étais séduite par l'approche individuelle que permettait cette
expression du judaïsme qui, tout en respectant la lettre et
l'esprit traditionnels, faisait appel à la responsabilité propre de
chaque Juif, de chaque Juive, face à la culture transmise par ses
Maîtres : pas de précepte sans faculté d'analyse ou
d'interprétation ; pas de précepte réfractaire à une attitude
critique et fidèle la fois. L'adhésion à ce judaïsme là exigeait
une implication intime et un travail personnels face aux Textes, un
questionnement propre sur la pensée et la pratique traditionnelles
juives à l'aide des outils de la modernité.
La maxime "fais-toi un Maître" avait enfin un sens pour moi. Il ne
me manquait plus qu'à en trouver un tout au long de cette démarche
!
J'étais quasiment certaine que d'autres Juifs, d'autres Juives
pouvaient aussi trouver là un chemin et des moyens nouveaux pour
éclairer leurs doutes, apporter quelque réponse à leurs
interrogations et, pour certains, combler leur éloignement
douloureux de la Communauté Juive niçoise.
Ma décision se prit d'elle-même : je parlai donc à mes amies de
cette heureuse découverte et du projet que j'aimerais bien réaliser
avec elles.
Comme je m'y attendais, l'enthousiasme était au rendez-vous : il ne
fallait pas laisser passer une telle opportunité, il fallait
rassembler nos énergies, nous regrouper et entreprendre une action
pour offrir à tous ces Juifs et Juives un peu désorientés, un
chemin nouveau pour vivre avec fierté leurs origines, leurs
traditions juives.
Nous nous sommes alors rassemblées et avons entamé l'aventure en
créant à Nice, la deuxième communauté Massorti de France après
celle de Paris.
Près de 10 ans se sont écoulés. Maayane Or est là. Nous pouvons
êtres fiers, tous ensemble.
MARIE-ANNE.
Avril
2006
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