Au
début, à la synagogue, tout était nouveau pour moi. Et
pourtant dès le début je me suis sentie à ma place. Cette
langue que je ne connaissais pas, mais que vénéraient tous
mes ancêtres, infiltrait chacune de mes cellules, chacune
de mes cellules retrouvait dans elle sa source. Ces airs
que je ne connaissais pas, et pour la plupart étrangers
même à mes ancêtres, créaient comme un resserrement dans ma
gorge, forçaient les larmes dans mes yeux.
Je retrouve cette langue, ces airs, tous les vendredis
soir. Ils me sont devenus peu à peu de plus en plus
familiers. Ils se sont faits miens.
Quand, samedi matin, je suis appelée pour monter à la Tora,
je saisis ce que la " montée " peut dire - ma main touche
l'arbre du rouleau, les lettres dansent devant mes yeux,
les sons peuplent ma tête - ce sont des moments de bonheur
profonds.
Ma synagogue, ma communauté, MAAYANE OR, c'est
pour moi ça. Entre autres.
JOANNA